Noirs, juifs, arabes, corses, bretons, martiniquais, homosexuels... la question des identités se présente à la Gauche française comme une véritable quadrature du cercle.
Incapable de résoudre l'énigme, le socialisme français connaît ainsi une véritable errance intellectuelle, qui révèle un divorce profond, essentiel : celui du socialisme d'avec lui-même.
Il faut l'admettre, le réveil des identités a bousculé la Nation.
Par un mécanisme complexe fait de glissements subtils, s'est imposée peu à peu - de combats antiracistes en combats pro-communautariste - une logique destructrice de la première des communautés politiques : la Nation.
« Filon communautariste », « culture victimaire », « érection de communauté fantasmée » (Landfried), tout a préparé l'avènement d'une parcellisation du champ politique au service d'une logique dont nous allons ici même pouvoir révéler le dessein subtil et ses conséquences.
Les lois Gayssot, Taubira, - si elles ont reconnu une souffrance - ont donné naissance à un projet « postmoderne » qui concurrence celui - bien supérieur - de la collectivité nationale républicaine, l'affaiblissant du même coup.
Cet élan a connu des correspondances ailleurs dans le monde, aussitôt érigée en modèle d'une émancipation politique véritable : l'Amérique du Sud et son « outing » identitaire sur l'Indianité, au Pérou, au Brésil, au Venezuela donne à penser que la voie royale se trouve là.
Qui ne voit l'incohérence de ce parallèle quand les Indiens massacrés, se voient simplement proposer d'entrer - enfin - dans le champ politique où ils étaient niés pour ce qu'ils étaient.
A-t-on jamais vu en France, nos « Noirs, juifs, arabes, corses, bretons, martiniquais, homosexuels ... » niés dans le champ politique au nom de leur seule singularité proclamée ?
Pour qui n'ignore point l'histoire républicaine de la France, la confusion des genres est donc totale. Nous ne sommes pas aux Etats-Unis qui brûlaient encore leurs Noirs dans les années 50 au moment même où Senghor - diplômé de Normal sup - partait enseigner sa langue, notre langue, au fin fond de son pays, le nôtre, la France.
LIRE LA SUITE : « LE SARKOPHAGE » en KIOSQUE le 14 novembre 2009